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  • L'Art Déco 1925/1940

    Pour cette première collection « Style 25 » inspirée du mouvement Art Déco, je voulais écrire un article sur cette période du 20ème siècle qui dura 15 ans.

    L’appellation Art Déco est tirée de l’exposition des Arts Décoratifs, qui s’est tenue à Paris en 1925, à l’apogée de ce nouveau style. Il s’inscrit dans le contexte des « Années Folles » qui tente de faire oublier les millions de morts de la première guerre mondiale.

    La guerre amène avec elle une transformation de la place de la femme dans la société. Les hommes étant au front, elles ont dû prendre davantage de responsabilités et ont acquis une plus grande autonomie. La femme d’après-guerre ne se contente plus de son rôle de maîtresse de maison, elle travaille. Elle s’émancipe.

    Triomphe de la femme androgyne : elle adopte la coupe garçonne, montre une silhouette filiforme et plate, découvre ses jambes, porte le pantalon comme un homme.

    Ce nouveau rôle contribue à différencier les vêtements du jour et ceux du soir ; les codes de la mode sont chamboulés. La journée, elle veut jouir d’une liberté de mouvements et opte pour une tenue simple et fonctionnelle. Le soir, la femme devient sophistiquée et se pare de ses plus belles tenues.

    En 1906, l’avant-gardiste Paul Poiret libère la femme en supprimant le corset et lui offre un style libre et fluide. Les robes ne marquent plus la taille, Poiret travaille sur l’anatomie naturelle de la femme. Malgré un énorme succès avant la Première guerre mondiale et l’influence qu’il apportera à la Haute-Couture, il connaitra lors des années 20 l’échec face à la jeune couturière Gabrielle Chanel. La petite robe noire, ainsi que son célèbre tailleur sont nés.

    Dès 1914, Coco Chanel crée le concept de « Bijou fantaisie » ou de « faux bijou ». Elle devient la championne du luxe à portée de tous, elle dira :

    « Quand on porte des bijoux, ils doivent accrocher l’œil et il vaut mieux porter les vrais à la maison ou entre amis que dans la rue. Il ne faut pas arborer sa fortune autour du cou comme des sauvages ».

    La bijouterie fantaisie fait apparaître les clips, les épingles libres et les sautoirs qui mettent en valeur les tailles basses. Un nouveau matériau est utilisé : le plastique. Celui-ci se prête admirablement aux formes géométriques de L’Art Déco ; il est usiné, moulé et coloré. Les acheteurs privilégient la quantité, désirant des parures gaies mais peu onéreuses.

    La Haute-Joaillerie succombe également au mouvement Art Déco, c’est d’ailleurs en France que seront réalisés les bijoux les plus sophistiqués et les plus étudiés de l’époque.

    Cartier, chef de file de ce nouveau mouvement, s’inspire de l’Art Egyptien (la découverte de la tombe de Toutankhamon en 1922 par Carter apporte un engouement pour leurs motifs décoratifs), du monde islamique et de l’Extrême Orient. Fort de sa créativité, il sort de sa zone de confort en créant des accessoires de luxe peu usuels tels que des nécessaires de toilette, des coffrets à bijoux et des briquets. Il est le premier à marier le diamant et le platine, qui, contrairement à l’argent, ne s’oxyde pas. Il utilise dans ses créations des pierres fines : onyx, corail, jade, topaze et citrine, mais garde comme vedette le diamant.

    Cartier reste aujourd’hui, l’un des joailliers le plus célèbre, reconnaissable à ses créations iconiques telles que la Panthère et les fameux 3 anneaux.

     

    Cent ans après, cette période de créativité bouillonnante reste résolument moderne, et son influence se ressent encore aujourd’hui, que ce soit au niveau de la mode, les bijoux, l’art, l’architecture et bien d’autres encore. On peut parier que d’ici cent ans, cette période sera encore là, nichée au coin d’une création de par son influence résolument pérenne.

     

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  • Madame Quincarlet

    Pour ce premier article, il me tenait à cœur d’expliquer qui était Madame Quincarlet, et pourquoi j’ai choisi d’utiliser son nom.

    Madame Quincarlet était ma grand-mère paternelle. Pour être tout à fait exacte, Quincarlet était son nom de jeune fille, mais je ne voulais pas l’appeler Mademoiselle. C’était une dame, mais pas dans le sens où on pourrait l’entendre. Elle n’était pas vraiment coquette, portait souvent les mêmes robes et allait chez le coiffeur uniquement quand sa mise-en-plis avait besoin d’un léger rafraichissement. Elle se maquillait peu. Je me souviens uniquement du tube de rouge à lèvres que je lui empruntais lorsque j’étais gamine, de son eau précieuse, et de l’odeur réconfortante du parfum qu’elle portait toujours : Magnolia.

    Ma grand-mère était une toute petite dame, d’une intelligence et d’une culture incroyables. Pour en être conscient, il fallait vraiment faire partie de ses proches, et être proche d’elle. Elle aimait chanter, cuisiner, jardiner et prendre soin de nous, tout en étant la personne la plus modeste, discrète et généreuse que j’ai pu connaître.

    Il y a 22 ans, j’ai eu la chance de pouvoir lui dire au revoir avant qu’elle ne s’endorme pour de bon, prenant conscience du courage dont elle faisait preuve. J’essaie aujourd’hui de garder un peu d’elle avec moi, et à mon petit niveau j’ai voulu lui rendre hommage en choisissant son nom pour mes bijoux, pour qu’elle m’accompagne dans chacune de mes créations.

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